Sélectionner une page

Présentation de l’Ouvrage : « Gaston Thiéry – (1922-2013)

 Continuateur de l’école de Crozant-  Soixante ans de peinture à Fresselines »

Débutée fin 2013, il aura fallu trois ans pour mener à bien cette édition, largement illustrée par plus de quatre cents reproductions de toiles et de cartons de tapisseries de Gaston Thiéry. Ce catalogue est parti d’une affirmation généralement admise : Gaston Thiéry est l’ultime continuateur de l’Ecole de Crozant.

L’auteur s’est attaché à le démontrer. Il constate en effet qu’ au fil de sa carrière, Gaston Thiéry a élaboré son propre « vocabulaire » après de multiples essais esthétiques ou techniques basés sur ceux de ses prédécesseurs, sans pour autant chercher à peindre « à la manière de… » Sa sensibilité personnelle face au paysage et sa mémoire visuelle l’ont conduit à créer une œuvre originale.

Peintre de paysage, Gaston Thiéry a su représenter toute les composantes de la « Vallée Noire », du Bourg D’Hem et de La Celle Dunoise à Argenton sur Creuse, de Fresselines et de Crozant à Gargilesse. Il a peint également de nombreuses toiles en Bretagne.

Suivant la démarche de l’artiste, l’auteur donne à voir ses motifs récurrents : l’arbre, l’eau, le ciel et les brumes matinales, les saisons, les côtes d’Armor, les talus aux mille fleurs sauvages du printemps et de l’été.

En contemplant les nombreuses reproductions des toiles de Gaston Thiéry, nous parcourons les paysages qu’il a peint de sa prime jeunesse jusqu’à la fin de sa longue vie de travail assidu. Ainsi nous pouvons comprendre l’émergence de son style personnel : la peinture au couteau toute en nuances. Sa maîtrise nous fait admirer sa touche allusive qui donne à voir  des éléments structurés reconnaissables au premier coup d’œil alors qu’ils sont exécutés d’un geste enlevé.

Cet ouvrage permet, par ailleurs, au collectionneur comme à l’amateur ou à l’historien d’art de trouver toutes les références de l’œuvre peint et tissé de Gaston Thiéry et de situer son travail dans les courants postimpressionnistes. Un chapitre est consacré à l‘oeuvre tissé qui compte près de cinq cents tapisseries sorties des ateliers  des maîtres lissiers d’Aubusson. L’artiste a ainsi contribué avec Lurçat, Dom Robert, Picard Ledoux et quelques autres cartonniers à maintenir, encore aujourd’hui cette activité séculaire illustre de la tapisserie de basse lisse qui a valu à la ville d’Aubusson d’être inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO.

L’ouvrage est conçu selon cinq chapitres groupant des illustrations pertinentes, représentatives de chaque thème évoqué. En le parcourant, on découvre :

  • Les dates et concordances de l’œuvre dans l’Ecole de Crozant,

Ecole devenue célèbre à la fin du XIXè siècle résultant de l’attraction exercée sur les artistes majeurs de l’époque par George Sand et les porcelainiers de Limoges Adrien Dubouché et Amédée Alluaud, mécènes réputés à Paris, et par le poète Maurice Rollinat retiré à Fresselines. Ces personnages entretenaient des liens étroits avec les artistes reconnus de cette époque : Delacroix, Corot, Théodore Rousseau, Jules André, Charles Donzel, Le Gentile, Ernest-Victor Hareux, puis plus tard, les impressionnistes Monet, Guillaumin, Paul Madeline, Eugène Alluaud, Anders Osterlind, Léon Detroy, notamment. C’est près de deux cents peintres qui pendant plus d’un siècle ont constitué cette communauté d’artistes paysagistes qui ont représenté la « Vallée Noire », chère à George Sand, et les panoramas de la Creuse et du Berry.

                     

                Gaston Thiéry dans son époque,

Né à Lille en 1922, réfugié à Fresselines en 1940, il s’y installe définitivement en 1948. Pendant cinq ans il bénéficie des conseils de Léon Detroy. Il consacra soute sa vie à la peinture jusqu’en 2013. Sa recette ? il nous la livre : « J’ai beaucoup travaillé, puis j’ai remis en question l’enseignement reçu, balayé mes monstres sacrés, je pense à Cézane, j’ai fait de patientes recherches ; aujourd’hui, ayant mené ma quête loin des modes et des courants du moment, je me considère comme un autodidacte. »

Françoise Chandernagor nous révèle : «  J’ai connu Gaston Thiéry dès l’enfance. Il était déjà, dans la tradition d’Armand Guillaumin et des impressionnistes de Crozant, le plus illustre peintre contemporain de paysage creusois. »

« Son art, Gaston Thiéry le définit lui-même : trente-cinq années de quête sur les bords de la Creuse, la Vallée Noire, le Limousin, la Bretagne aussi, à la recherche de la vérité..… cette discrétion et cette lucidité de l’artiste envers sa propre peinture sont exemplaires… Il faut choisir « Sa vérité ». a écrit Maurice Sérullaz qui a toujours encouragé Gaston Thiéry.

  • L’œuvre peint

Sur les traces des peintres de l’Ecole de Crozant, dès ses débuts, il révèle son aptitude au dessin dans ses études et portraits et dans ses natures mortes réalisés pendant la guerre. Les paysages de ces années sont emprunts de romantisme et de réalisme. Très tôt on observe des toiles de facture postimpressionnistes sous l’influence de Léon Detroy.

                   

Dans sa période constructive des années 1950-1960 ; il développe sa propre palette et commence à peindre au couteau. C’est dès lors la fin de l’apprentissage. Gaston Thiéry s’affranchit  des influences des œuvres de ses prédécesseurs.

        Ses recherches personnelles des années 1960-1970 aboutissent à la maîtrise technique personnelle qui signe la suite de son œuvre et a permis la reconnaissance de son travail par les galeristes parisiens qui l’ont soutenu et par un large public d’amateurs en France et à l’étranger. Ses thèmes de prédilection furent l’arbre, l’eau, les ciels et les brumes, les saisons, la Bretagne et les talus en fleurs.

                        

  • L’influence de Gaston Thiéry sur les paysagistes du Limousin

Elle s’est marquée par la création du « groupe des peintres de la vallée de la Creuse » et leur implication dans des expositions collectives et personnelles à l’Espace Monet –Rollinat à Fresselines. Elle s’est aussi illustrée à l’occasion de séances de travail en commun sur le motif ou à l’Atelier « La Grange » avec des amis peintres proches.

          Au terme de l’analyse de sa peinture l’ouvrage présente le répertoire de l’ensemble des peintures de Gaston Thiéry – soit près de quatre mille tableaux – les œuvres figurant dans les collections publiques en France, et celles figurant dans les collections privées en France et à l’étranger.

  • L’œuvre tissé : Gaston Thiéry cartonnier d’Aubusson

Depuis 1965 il fit tisser à la manufacture Andraud de Thèves à Aubusson ses cartons de tapisserie essentiellement  dédiés au thème des mille fleurs revisité. Il participa, ce faisant à la pérennité de la tapisserie d’Aubusson dont la mode s’éteignait dans les années cinquante.

L’œuvre considérable qu’il nous lègue justifiait largement cet ouvrage qui lui rend un hommage amical de la part de l’auteur qui  fréquenta Gaston Thiéry pendant soixante ans.