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Marc Puygrenier, proche de Gaston Thiéry, a publié un livre sur le peintre. Très marqué par la Creuse et par la vie de l’artiste à Fresselines.

C’est seulement parce que Gaston Thiéry aimait la façon dont sonnait le nom de la commune de Fresselines qu’il s’est installé en Creuse. Comme quoi, une simple intonation peut changer une vie. « Il venait de Lille et fuyait les Allemands pendant la Seconde Guerre, précise Marc Puygrenier, qui vient de publier un livre sur l’artiste. Le chargé de l’aiguillage des réfugiés lui a proposé plusieurs noms et Gaston Thiéry a choisi Fresselines. »

Trois ans de recherches

Décédé en 2013, le peintre, considéré comme l’un des derniers représentants de l’École de Crozant, a marqué le département creusois. « Je considère que l’artiste n’a jamais eu d’hommage à la hauteur de son travail. C’est pour cela que j’ai voulu écrire un livre sur lui. »

Marc Puygrenier a mis trois ans pour façonner un ouvrage largement illustré de 335 pages sur Gaston Thiéry. Le livre a été mis en page par l’entreprise creusoise CBC communication. Un travail colossal qui n’a pas été de tout repos. « Le plus dur, c’était de récupérer toutes les œuvres. Il y en a plus de 4.000, explique l’auteur. Certaines de ses premières étaient dispersées un peu partout. Il fallait obtenir l’accord des propriétaires pour pouvoir tout prendre en photo et réaliser un catalogue raisonné le plus complet possible. J’ai quand même bien été aidé par Gaston lui-même, car il était très méthodique et a consigné une bonne partie de ses travaux dans des cahiers. »Atelier Gaston Thiéry

D’autres œuvres ont été vendues à l’étranger. Au Japon et aux États-Unis pour la plupart. « Je n’ai pas eu à me rendre sur place mais j’ai contacté les galeries pour récupérer les informations. » De même, l’entreprise Esso possède quelques tableaux de l’artiste. « J’ai eu beaucoup de mal à avoir la bonne personne au bout du fil. C’était excitant, un vrai jeu de piste. »

« J’admirais sa manière de travailler »

L’auteur a bien connu le peintre. « Mon premier souvenir de Gaston, c’est quand il mettait en scène des spectacles de Guignol à Fresselines. Je devais avoir moins de dix ans. » Marc Puygrenier ne venait à Fresselines que pendant les vacances scolaires, mais il s’y sentait bien et très vite, il s’est rapproché des manifestations artistiques du peintre. « Il adorait le théâtre et avait monté un festival de village. Quand on était jeunes, nous participions à la mise en place des décors, on jouait les premiers rôles aussi. »

Peintre amateur, il a appris quelques ficelles avec Gaston Thiéry. « J’admirais sa manière de travailler. Je l’ai suivi parfois. » Ce qui marque le plus l’auteur, « la vitesse d’exécution » pour peindre et surtout sa mémoire : « Il se souvenait de certaines nuances de teinte avec une vraie précision. »

Le peintre Gaston Thiery dans son atelier Lagrange a Fresselines en 2006

Marc Puygrenier s’est lié avec la famille de Gaston Thiéry. « J’étais un peu comme l’enfant adoptif. » Pour écrire son livre, il s’est appuyé sur Gisèle Thiéry, la fille du peintre et son mari, Robert Souverain qui lui ont « ouvert les portes de l’atelier de Gaston à Fresselines ».

Ils l’ont également accompagné tout au long du processus de production. L’aidant même à faire le choix de la photo pour la couverture du livre. « Au départ, j’avais pensé à une peinture au bord de la Bure, avoue Marc Puygrenier. Puis on a finalement décidé de partir sur une toile de 1989 représentant la vallée de la Creuse. C’est plus caractéristique de Fresselines. »

L’auteur connaissait très bien Gaston Thiéry mais il a appris des choses sur l’artiste pendant ces trois ans de recherche : « Je ne savais pas qu’il était croyant, surtout à la fin de sa vie. » Quand il jette un regard sur son livre, Marc est satisfait d’avoir réussi à répondre à ses propres attentes pour rendre hommage au peintre.

 crédits:  www.lamontagne